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« Si notre translittération peut paraître de prime abord compliquée, c'est qu'elle ne poursuit pas le même but pratique que celle des « oulpanim » : elle ne cherche pas à faire parler l'hébreu mais à le faire lire en français tel qu'il est écrit, même par celui qui n'en connaît pas l'alphabet.

La langue hébraïque étant consonantique, elle ne comporte pas d'autres lettres que des consonnes. Comment translittérer une telle langue dans un idiome phonétique, en essayant d'en préserver, autant que faire se peut, le génie radical ? Si l'on écrit par exemple « Ivrit » (Hébreu), seul l'hébraïsant n'ignorera pas qu'il est en face d'un mot écrit : ° Ayn – Beth – Réish – Yod – Thaf.

Dans l'étude ésotérique du sens des mots d'un texte sacré, la valeur étymologique est prépondérante. La translittération de notre exemple sous la forme « Ivrit » correspond à celle du mot philosophe par « filosof ». Tout le monde sera d'accord, nous en sommes convaincus, pour reconnaître qu'une telle pratique arrache les pétales de la rose.

C'est pourquoi nous avons opté pour un système efficace, au risque de perdre la simplicité.

Toutes les consonnes hébraïques sont transposées dans notre translittération par des majuscules ou des signes simples, tels que l'apostrophe pour certains cas de Aleph et le petit zéro précédant la voyelle de phonétisation, chaque fois qu'il s'agit d'un ° Ayn.

Certaines de ces consonnes ne pouvant être facilement distinguées dans la transposition française, elles sont complétées par un signe annexe. Par exemple, la gutturale Hèth se distingue du Hé par un petit trait sous le H ; le Thaf du Teth par la présence d'un h minuscule ; de même le Shin (prononcé Chine), par ce moyen, se distingue aisément du Sin ; et ce dernier du Samèk, bien que S et S se prononcent d'identique façon.

Hormis ces cas, les voyelles sont ainsi réservées à la vocalisation des consonnes.

Seules exceptions à cette règle : Æ et AO = Aleph phonétisé è ou ô. Par exemple, ÆLoHYM Èlohim.

Il a pu nous arriver de redoubler certaines lettres, par exemple dans TzeDdâQâH. Que le profane n'en soit pas troublé, c'est une subtilité pour hébraïstes, que nous n'avons d'ailleurs que rarement respectée, pour mettre en évidence une consonne doublée par un daggesh (point dans une lettre).

Voilà ! Ce n'est donc pas si difficile. Mais comme un dessin vaut toujours mieux qu'un long discours, les trois exemples encadrés dans le tableau des translittérations vous mettront immédiatement et sans peine le pied à l'étrier. »

Extrait de Fleurs entr'ouvertes

Tableau de translittération Hébreu - Français